Voyages en terre des hommes

Le ciel, les oiseaux et ma mère

Le ciel, les oiseaux et ma mère

Etre heureux, mais bien sûr !…

Etre heureux, vivre dans la félicité, se sentir bien, ne pas se plaindre, accepter les choses comme elles viennent avec philosophie et gratitude, se lever le matin avec le sourire et l’envie de vivre seraient, d’après ce que j’observe, devenu un concept dépassé.

Comment peut-on préférer le brouhaha d’une vie passée à se lamenter et à critiquer les choses et les êtres (y compris soi), plutôt que de consacrer son énergie à apprécier, vivre, sourire, partager (vraiment) et s’émerveiller ? D’abord, pour devenir un « concept » dépassé, il a déjà fallu que le « bonheur » devienne un concept, chose complètement abérante, le bonheur n’étant ni constant, ni universel. C’est peut-être un premier axe de compréhension que de considérer que ce qu’on appelle aujourd’hui « bonheur » n’a rien à voir avec le bonheur philosophique, l’éveil, la communion de soi avec la vie.

Dans un monde d’aveugles à qui on a vendu les couleurs comme des « objets » qu’ils pouvaient toucher, il est bien peu aisé de parler des couleurs que l’on sent, que l’on voit. un amalgame sera fait naturellement entre ce dont on parle (les véritables couleurs et notre propre sensibilité à ces couleurs) et les objets que l’on prend, aveugles, pour des couleurs. Ainsi, plusieurs mots sont employés de nos jours  et par le plus grand nombre (peut-être en a-t-il toujours été ainsi) en désignant des objets et non la réalité vécue dans toute l’ampleur et la beauté de ces acceptions : - bonheur, richesse et amour.

Bref, nous définissons ces termes d’une façon qui n’a plus rien à voir avec leur magnificence. Nous confondons la transcendance et l’objet et prenons le Graal comme une coupe, un calice magique ayant des propriétés immortelles en tant qu’objet. Vous l’aurez compris, ceci est une histoire faite pour raconter autre chose. Le véritable sens de la quête du Graal est bien plus passionnante qu’une chasse à l’immortalité physique. Nous vivons donc dans un monde d’aveugles ou les normes sont faites et adaptées aux aveugles. Le monde des couleurs a été « ramené » à la compréhension de ces couleurs par un aveugle. On tente de comprendre, d’expliquer, d’atteindre parfois une chose qui… se sent.

Il en va de même pour les trois mots magiques bonheur, richesse et amour.

Le bonheur est devenu un concept

Durant les dernières décennies, le bonheur était atteignable, voire achetable. Il était représenté par du confort matériel, donnant lui-même accès à une reconnaissance sociale. Après les crises, nous nous sommes rendu compte que le bonheur était donc un concept frustrant, inaccessible finalement sauf par une minorité de « riches » que nous classons forcément, n’en faisant pas partie (ou ne croyant pas en faire partie), comme mauvais.

Il est assez étonnant d’ailleurs de constater cette évidence. Beaucoup de gens « riches », ayant des moyens conséquents, de l’argent ou des biens, ne se considèrent pas comme étant riches. Peut-être est-ce dû au fait qu’ils ne se sentent pas heureux, et donc pas riches puisque la formule magique de l’ère industrielle et consumériste disait : richesse matérielle = bonheur.

Or, n’atteignant pas le bonheur, on ne peut se considérer riche ou assez riche pour atteindre ledit bonheur promis. Le bonheur est donc un concept qui ne fonctionnerait pas ! On n’y croit plus ! Le hic c’est que la véritable félicité, il n’est pas question d’y croire ou non, on la vit simplement.

Le bonheur, c’est « has been » !

Aujourd’hui, d’une certaine manière, le bonheur est ringard, dépassé, enfin la définition aveugle du bonheur. De nos jours, être un « fatigué » est plus franc, plus compréhensible. Pourquoi ? Parce que tout le monde peut-être fatigué facilement.

Il est aisé et immédiatement consommable de faire la tronche, de râler, de se plaindre, de se dire mal aimé, mal compris, de rejeter la faute sur la société, son patron, sa santé, Ben Laden, son voisin ou le destin. Vous savez quoi, se dire ça, ça fatigue ! Être un fatigué, c’est « in », c’est cool, c’est naturel presque. Le plus drôle c’est qu’on ne veut pas se le dire et assumer ses choix (car ce sont des choix). On dit alors « on fait aller », « comme un lundi », « vivement les vacances », je suis pas malheureux », « Faut pas se plaindre » et on continue à faire du labeur, de la peine au travail une vertu. « Faut bien! »…

De la confusion entre connaissance de sa paix intérieure et développement personnel

Depuis de nombreuses années, l’industrie du développement personnel et du coaching a une fois de plus fait passer des questionnements légitimes en questionnements commerciaux et de normes.

Nous ne voyons plus assez nos recherches personnelles des progrès faits sur notre amour propre et notre rapport au monde, mais comme des atteintes à des objectifs, non plus personnels et adaptés, mais sociaux et imposés. Nous les voyons également comme des outils nous permettant d’être plus « performants » et non plus en paix. Bien entendu, un phénomène de rejet global arrive alors, jetant le bébé avec l’eau du bain : « j’y crois pas à ces trucs là ».  Et vous auriez raison, le bonheur n’est pas un objectif, c’est une attitude, un choix. Dans notre monde d’aveugles et si le bonheur est invisible, il y a cependant une très bonne nouvelle, il n’y a aucun aveugle, il n’y a que des gens qui ferment les yeux.

Bonne fête

Aujourd’hui c’est la fête des Mères, un moment, non pas pour se précipiter chez un fleuriste ou un vendeur d’objets, mais un moment pour penser au cadeau immense que nous ont fait nos mamans, le don de la vie, le don de tous les possibles. Je ne peux pas remercier ma mère assez pour cela. La seule chose que j’ai trouvée c’est vivre ma vie comme je l’entends, aimer et sentir ce bonheur d’être en vie le plus possible et remercier qui vous voulez à chaque respiration, faisant de mon souffle une prière non religieuse, mais emprunte de respect et d’humilité.

Merci maman ;

Le reste, ce ne sont que des histoires que l’on se raconte pour remplir le manque d’essentiel. L’amour quant à lui, nous en reparlerons…

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One Comment

  1. Tu es « free », tu as tout compris!

Discussion

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