Voyages en terre des hommes

Qu’aurai-je donné ?

Qu’aurai-je donné ?

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Quand au loin on entendra sonner,
les cloches en coeur des battements de frissons.
Quand aux dernières vibrations du palpitant d’Hommes pour notre endroit,
on écoutera l’ultime diapason, sonner d’un coup notre heure, le glas,

Alors, la question nous brulera:
Qu’ai-je raté ? Que n’ai-je fait ?
Quelle trace sur le sol gelé de mon chemin parfois glissant ai-je pu laisser ?
Que n’ai-je pris ? Que neige laissée…
Comme un flocon sur le nez d’un chat tout ce qui ne se plante pas,
s’évanouit en une goutte fraiche, dans la rosée du grand oubli.

La seule question qui me taraude à l’heure où je peux encore gonfler mes poumons d’un air gros est :
Qu’ai-je donné ?
Qu’aurai-je donné, demain, quand je partirai ?
Ne me restera-t-il rien que je puisse ne pas emporter ?
Aurais-je suffisamment appris, appris à ne plus rien garder ?
Aurais-je suffisamment appris à donner, qu’il ne reste rien que le vent ne puisse porter ?

Quand au loin on entendra sonner,
les cloches en coeur des battements de frissons.
Quand aux dernières vibrations du palpitant d’Hommes pour notre endroit,
on entendra, comme un bruissement, les ultimes paroles des vivants,
alors, alors, il sera temps de ne plus rien, rien écouter ;
car même un héritage d’idées ne peut être fait pour passation ,
il n’existe qu’un temps pour le don, il est celui d’inspiration.

Le temps de l’expiration viendra bien tôt, trop pour notre faible raison,
et seuls les élans du cœur répondent en fait à la question…

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