Voyages en terre des hommes

J’ai froid, à Rio, il fera meilleur !

J’ai froid, à Rio, il fera meilleur !

Hop, paf, pif, une opportunité, une envie, une décision, je me dis que je ferais bien d’aller au Brésil par ces temps de frimas à pierre fendre en Europe. Bon, gamin, je me disais ça en rêvant, aujourd’hui, je peux le faire alors on y va. En plus, c’est le Carnaval, ça tombe bien ! Deux, trois mails et mon réseau s’anime, des gens adorables qui me trouvent de quoi loger chez, vous ne devinerez jamais… des gens adorables. Je ne connais pas mes hôtes, je suis super content de découvrir de nouvelles personnes, leur univers, leurs croyances, leurs façons de vivre. J’attrape un billet pas cher, à la dernière minute et sur des créneaux horaires moins utilisés, départ un jeudi, retour un lundi, j’économise 400 euros rien qu’en décalant d’une journée.

Première escale à Madrid, 16h d’escale, super chiant croyez-vous, ben non ! J’envoie un mail à Luis, un jeune homme rencontré deux jours en Jordanie pendant mon trip à moto seul. Espagnol doctorant en sociologie. Le courant était tout de suite passé entre nous. Petra vous me direz ça crée des liens. Aucun souci me dit-il, tu dors à la maison, je t’amène dans un bon resto. Voilà comment arriver chez moi… Nous passons une super soirée. Lui revient de deux mois dans le Sud-est asiatique, une beauté me dit-il. Les gens y sont aussi merveilleux que les paysages. Nous parlons philo, refaisons le monde dans ce resto végétarien. En fait, c’est très bon les restos végétariens, car les produits doivent être de qualité. Un régal. Luis est du genre macrobio à barbe, bien que très beau gosse. Il me confie qu’il ne sort que pour les femmes, sinon il se contenterait presque de ses bouquins tant parfois devoir parler séries télé ou crise l’ennuie profondément. C’est un type extrêmement gentil et intelligent. Il n’est pas riche, il choisit comment dépenser son argent, c’est différent. Nous partageons les mêmes valeurs.
Le temps c’est de l’argent… enfin de l’argent à ne pas gagner pour s’en rendre esclave. Quand on voyage on dépense peu, c’est être sédentaire qui nous coute.
Il fait froid à Madrid, nous marchons dans la ville, c’est magnifique. Luis aime sa ville, tellement que son doctorat est à son sujet. C’est un endroit où il fait bon vivre, où l’on peut trouver des endroits pour être seul avec des édifices historiques dans une mégalopole de 4 millions d’habitants.   Cette rencontre me remet encore un peu plus sur mes rails de nomadisme.

Ahhh que j’aime mes choix, je les adore même ! Un coup de métro, un coup de portique, une salle d’attente, un avion, 13h de vol, quelques verres d’eau, un atterrissage presque parfait et me voilà à Rio de Janeiro.
Je sors de l’avion avec mon voisin, Andrea, un Italien qui vit à Utrecht depuis 10 ans. Il prend un mois de vacances par an, cette année, il a décidé de découvrir Rio, son carnaval et puis de voyager un peu dans le pays. Je sers d’interprète à deux jeunes hommes africains complètement paumés au contrôle des passeports. En fait, c’est la police qui a demandé si quelqu’un parlait français. Je me suis approché et les deux gars m’ont regardé, méfiants. Je leur dis, détendez-vous, vous avez besoin d’un interprète ? Le premier me répond très hésitant : Euh non, non ça va. Je lui dis : vous êtes surs, ce n’est pas ce que dit le policier. Alors, il me regarde et me dit : Bon OK pour faire interprète, mais il faut te payer? ! Je suis tombé de ma chaise. bon en même temps, j’étais debout, alors je ne me suis pas fait mal ! J’ai eu l’impression d’être transporté au bled avec les rôles inversés, j’ai adoré l’expérience. Bref, les gars n’avaient pas d’hôtel, ni d’adresse, ce qui n’est pas bien vu en général. Les autorités demandent toujours les lieux où l’on réside et combien de temps on reste. Évidemment, avec un peu d’expérience, quand on ne sait pas où on va, on invente une adresse qui doit bien exister par exemple l’hôtel du pharaon au Caire. La logique, ça a du bon ! Cela s’est finalement bien terminé pour les deux jeunes hommes bien noirs de peau et tout de blanc vêtus.

Andrea et moi partageons la même vision du voyage. Voyager seul est plus confortable et permet beaucoup plus de choses. Nous n’aimons pas les groupes et les groupes… ça commence à deux.

Share

One Comment

  1. J’adore. Plein d’humour à la Stéphane. J’attends la suite de tes écrits avec impatience.

Discussion

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*


5 − 2 =

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

  • Twitter
  • Facebook
  • Flickr