Voyages en terre des hommes

Trop jeune pour mourir

Trop jeune pour mourir

J’arrive à Rio vers 20h30. Le temps de passer la zone de contrôles, il est trop tard pour prendre un bus pour le centre-ville. Je décide donc de proposer à Andrea, mon voisin de siège dans l’avion, de partager un taxi pour le centre-ville. Lui a réservé un appartement à Copacabana, je serai hébergé à Ipanema, le quartier voisin. C’est donc une histoire de voisins. Il est italien, je suis français.

Je négocie la course du taxi à l’avance pour ne pas avoir de surprise comme d’habitude. Le rabatteur nous emmène vers le premier taxi.

Dès que j’ai pris place à l’arrière du véhicule, je me dis qu’on va passer un moment inoubliable. Le chauffeur est très agité et démarre en trombe. Jusqu’ici, rien de bien particulier, vous découvrirez petit à petit que Rio est une ville pour le moins « mouvante » et tout va très vite, surtout les véhicules.

En fait d’aller vite, le gars roule comme un cintré, disons-le carrément.

Il accélère, freine aussitôt, se tape des runs dès qu’une petite portion de route s’offre à lui. Je tente de mettre ma ceinture… elles sont sous le siège. Je commence à prier…

Le gars roule comme s’il venait de manger un saladier de curry vert et qu’il cherchait des toilettes. Ce n’est pas classe, mais qui a déjà mangé trop de curry vert me comprendra.

Il colle au train des véhicules, double à droite, à gauche, au milieu s’il avait la place. Je m’attends à ce que la voiture se lève pour passer au-dessus les autres, mais non. Finalement, ça me surprend.

 

À un moment quand même, je luis dis que je suis trop jeune pour mourir. Là il se fâche presque. Il me dit : Je fais ça pour pas avoir de problème. Vous voyez là derrière ces murs (les murs de l’autoroute), il y a les favelas… Les flics sont en grève et il y a des gamins qui tirent sur les taxis pour venir ensuite voler les occupants, ou bien juste pour s’amuser…

Là, à ce moment-là, je me sens seul… pour ne pas dire con !

OK, alors vas-y coco, mets la gomme, j’ai l’impression d’être dans le film Taxi, version Sud-Américaine, finalement c’est marrant. Si je n’y reste pas, ce sera une bonne expérience.

 

Nous passons les favelas… le gars roule toujours aussi vite… Il met la radio. Les informations annoncent que la police continue la grève à Rio, alors que tout devait rentrer dans l’ordre. Ils citent des incidents et des homicides. Le speaker conseille de rester chez soi dans les prochaines heures en attendant des nouvelles plus encourageantes.

En fait, ça pourrait faire très peur. Le truc c’est qu’au Brésil, les médias sont les médias, et la réalité est la réalité.

Aucune barricade, aucun signe d’agitation dans les rues.

Je me dis qu’il s’est bien foutu de ma gueule le chauffeur, sauf si, lui-même croit à ce qu’on entend à la radio…

En fait tout est calme, avec le calme habituel disons. Des incidents il y en a, des meurtres aussi, bref, rien de surprenant et c’est comme partout ailleurs.

J’arrive chez Pedro et Alessandra, mes hôtes, des gens adorables, super accueillants et très intéressants. Nous parlons de beaucoup de choses, de culture, d’histoire, de spiritualité, de sens de la vie, bref, des moments très agréables. L’appartement de Pedro se situe dans le quartier d’Ipanema, à cinq minutes de la plage, juste à côté d’une favela. Les taxis ne veulent pas y monter, cependant, il ne se passe jamais rien. Il y a quelques années, on a entendu des tirs. Moi, gamin, j’habitais à côté d’un champ de manœuvres militaires, finalement c’était peut-être aussi dangereux. Même dans la ville, les quartiers ont leurs légendes. Les gens font leurs affaires et si on ne s’en mêle pas, il y a peu de risques d’être en danger. On raconte des accidents, oui il y en a, des gens descendus sans raison. Cependant, ces cas sont très rares, mais tellement marquants qu’on en fait le support de la peur. Oui, ici, tout peut arriver, et c’est bien cela qui est drôle !

Bon si je me fais descendre, cela aura été en rigolant ! ;-)

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One Comment

  1. Ce ne sont pas seulement les Gaulois qui sont fous :)

Discussion

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